L'électronique du cerveau et les transmissions des signaux



Cet exposé se conçoit comme une réflexion sur la manière dont la nature a résolu certains problèmes dûs aux transmissions des signaux. Par extension, nous pourrons ensuite voir comment les hommes ont traité à leur manière ces mêmes transmissions d'information (audio, vidéo, informatiques, etc.), et finalement comment les solutions retenues n'étaient finalement pas si différentes... Ce cours va tenter d'être le plus simple possible de manière à ne pas se perdre dans les méandres de la chimie: je m'en excuse d'avance à ceux qui pourraient en rester sur leur faim.


On va donc partir du cas le plus simple oû  nous avons:
1)- un stimuli quelconque (input)
2)- un récepteur influencé par ce stimuli (les neurones)
3)- une transmission de cette information (output)



1) les stimulis (input)  par exemple d'une brûlure, d'un choc, d'un son ou de n'importe quelle sensation.

A l'entrée, le système nerveux tente d'extraire du monde extérieur ce qui est biologiquement intéressant. Et donc d'éviter le reste. Pour ce faire, les récepteurs sont sensibles aux variations du stimulus. Par exemple lorsque une pression sur la peau s'établit, ou lorsque elle disparaît. Car il importe d'être informé des changements  de notre environnement: personne n'a envie qu'on le rappelle 16 heures par jour qu'il porte des chaussures. Le cortex visuel sera ainsi plus intéressé par les contrastes et les mouvements. Tous ces stimulis vont informer les neurones grâce aux dendrites

2) Le neurone

Quelques chiffres...
Un cerveau humain contient 100 milliards de neurones, dont chacun peut avoir 1000 liaisons avec d'autres neurones.

Le neurone, ou cellule nerveuse isolée, reçoit les influx nerveux par des ramifications courtes et nombreuses, les dendrites, puis les achemine par une fibre unique: l'axone.

3) L'axone

Longue fibre transmettant les signaux sortants du neurone, pouvant aller jusqu'à 1 mètre.




Caractéristiques électriques du neurone

En période de repos, il est polarisé à négativement à 70 millivolts par rapport à l'extérieur. Tout changement de ce potentiel de repos tend à se propager dans toutes les directions,  s'atténuant lorsqu'on s'éloigne de sa source.

Caractéristiques des signaux entrants:


Les signaux électriques traversant les dendrites s'affaiblissent très vites et ne dépassent pas le millimètre. Ce sont des signaux que l'on peut qualifier d'analogiques car l'intensité du signal électrique est intimement liée à celle du stimuli.. A titre de comparaison, on peut mettre en parallèle une tête de lecture de phonographe. Les tensions sont quasiment les mêmes, et leur variations dépend de la puissance du signal.

Ces signaux, tout fidèles qu'ils puissent être, n'ont pas une grande portée.  L'évolution serait très vite arrivée dans un  cul-de-sac s'il elle s'était acharnée dans ce sens. Voici le subterfuge employé pour contourner ce problème...

Caractéristiques des signaux sortants


Les signaux sortants sont eux des impulsions électriques alternatives dont la tension est inchangée tandis que la fréquence variera en fonction de la puissance du stimuli. C'est ce potentiel d'action qui peut maintenant traverser la longueur de l'axone sans atténuation. La nature a ensuite choisi chez les vertébrés supérieurs de recouvrir tout l'axone d'une graisse, la myéline. Ce subterfuge permet de réduire le diamètre de l'axone et de transmettre l'influx nerveux à la vitesse de 25 mètres secondes. Comparez cela à l'axone de la seiche qui fait son bon demi millimètre de diamètre et nécessite 5000 fois plus d'énergie pour le même résultat, et vous comprendrez que le gain de cette trouvaille technologique qu'est la myéline.

Les impulsions sortantes du neurone vont de  + 40 mV à - 70 mV et durent une milliseconde.

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